Veille incendie 2026 : ce que les DRH ne peuvent plus ignorer

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À l'heure où les obligations de prévention du risque incendie se durcissent et où les sinistres médiatisés se succèdent, beaucoup de DRH et de responsables HSE avancent encore à vue. Cet article propose un tour d'horizon très concret des évolutions 2024‑2026 et des angles morts qui plombent, silencieusement, votre conformité.

Un paysage réglementaire incendie qui s'est durci sans faire de bruit

La plupart des dirigeants ont retenu une chose : il faut une formation incendie "de temps en temps". C'est court. Trop court. Le Code du travail, les arrêtés ERP/IGH et les référentiels assureurs dessinent aujourd'hui une toile d'araignée serrée où l'approximation n'a plus vraiment sa place.

Depuis quelques années, plusieurs tendances de fond s'entrecroisent :

  • une exigence accrue de traçabilité des formations et des exercices d'évacuation incendie ;
  • une attention renforcée des inspecteurs du travail sur la réalité des entraînements, au‑delà de la simple feuille d'émargement ;
  • une montée en puissance des référentiels assureurs, qui conditionnent parfois les garanties à la formation d'équipiers d'intervention incendie réellement opérationnels ;
  • l'essor des technologies (réalité augmentée, e‑learning, micro‑learning) qui font sauter l'excuse budgétaire ou logistique.

Autrement dit, continuer à traiter l'incendie comme un simple "module d'accueil" annuel, c'est prendre un retard que l'on paiera comptant le jour d'un sinistre.

Incendies récents en France : un signal d'alarme que les entreprises sous‑estiment

Dès qu'un incendie frappe un entrepôt logistique, un hôtel ou un immeuble de bureaux en Île‑de‑France, la même réaction revient : "tragique mais exceptionnel". C'est factuellement faux. Les statistiques de la Sécurité civile montrent chaque année des milliers d'interventions pour des feux dans des locaux professionnels.

Le plus gênant, c'est ce que l'on découvre après coup : plans d'évacuation obsolètes, consignes inconnues, responsables d'évacuation improvisés, salariés incapables d'identifier le bon extincteur. Le feu, lui, ne discute pas. Il exploite chaque faille d'organisation.

À l'échelle d'un siège parisien ou d'un réseau de magasins, la question n'est plus "aurons‑nous un sinistre ?", mais "serons‑nous prêts le jour où cela arrivera vraiment ?".

2026 : le tournant discret de la traçabilité des formations

Passeport Prévention et preuve des compétences

Avec la généralisation progressive du Passeport Prévention, les entreprises n'ont plus seulement à prouver qu'elles ont organisé une formation ; elles doivent pouvoir démontrer qui maîtrise quoi, quand, et avec quel maintien des compétences.

Concrètement, cela signifie :

  • cartographier les postes exposés au risque incendie (tertiaire, industrie, ERP, EHPAD, hôtels, commerces, etc.) ;
  • affecter des niveaux de formation adaptés : sensibilisation de base, équipier d'évacuation, équipier d'intervention, agent SSIAP, etc. ;
  • documenter la périodicité réelle des recyclages, et pas seulement "quand on y pense".

Un organisme comme F.I.R.E. Formations enregistre déjà les acquis dans ce Passeport Prévention, ce qui permet à un DRH d'avoir enfin une vision consolidée, au lieu d'une jungle d'attestations papier.

Le rôle croissant des assureurs

Autre évolution trop peu anticipée : certains assureurs revoient leurs grilles d'analyse du risque incendie. Pour un groupe multisites en région parisienne, il devient fréquent que la compagnie demande :

  • les preuves de formations incendie ciblées (tertiaire, industrie, établissements de soins, EHPAD, etc.) ;
  • le bilan des exercices d'évacuation sur 12 à 24 mois ;
  • les plans d'actions correctifs mis en place.

La difficulté, c'est que peu d'entreprises savent transformer ces exigences en programme pédagogique cohérent. Beaucoup bricolent encore du "copier‑coller" de plans d'évacuation trouvés en ligne, totalement déconnectés du terrain.

Les angles morts qui plombent votre conformité incendie

1. La fausse bonne idée de l'"exercice surprise" improvisé

Dans de nombreux groupes, l'exercice d'évacuation est monté en quelques jours, sans scénario, sans indicateurs, sans rapport. On déclenche l'alarme, on chronomètre, on coche une case. Et on ne progresse pas.

Un véritable exercice devrait au minimum :

  1. tester un scénario pertinent (incendie de local technique, feu de cuisine, départ de feu en sous‑sol, etc.) ;
  2. impliquer les équipiers d'intervention incendie et les équipiers d'évacuation ;
  3. faire l'objet d'un débriefing structuré avec des pistes d'amélioration ;
  4. donner lieu à un rapport écrit, exploitable en inspection ou en audit assurance.

Sans cela, vous produisez une illusion de maîtrise, et c'est presque pire que l'absence d'exercice.

2. Les sites "oubliés" : petits bureaux, agences, magasins isolés

Autre angle mort classique : les sites considérés comme "secondaires", souvent sans référent sécurité identifié. On y accumule :

  • du matériel obstruant des issues de secours ;
  • des consignes d'évacuation non mises à jour après un déménagement d'étage ou de service ;
  • des salariés qui n'ont jamais manipulé un extincteur, parfois en dix ans.

Pour couvrir ces sites, les entreprises peuvent s'appuyer sur des formats agiles : micro‑learning sur les bases de l'incendie, e‑learning évacuation incendie, puis une journée annuelle de visites d'audit et de formation présentielle ciblée.

3. Les ERP sensibles : EHPAD, cliniques, hôtels

Les sinistres dans les établissements de soins ou les EHPAD sont ceux que l'on redoute le plus, parce que l'on sait, au fond, que l'évacuation complète est parfois impossible. Là, la formation ne se limite plus au geste technique ; elle touche à la stratégie.

Les modules comme la sécurité incendie en EHPAD ou dans les établissements de soins permettent de travailler sur :

  • la sectorisation (confinement horizontal, évacuation partielle, etc.) ;
  • la coordination avec les services de secours ;
  • la gestion du stress des patients, des résidents et des familles.

Les directions qui prennent ce sujet au sérieux ne se contentent plus d'une formation générique ; elles exigent des scénarios proches de leurs unités et de leurs contraintes réelles.

Cas concret : quand un exercice d'évacuation change la culture d'une PME

Une PME industrielle d'Île‑de‑France, 150 salariés, nous a contactés pour "un exercice réglementaire et une mise à jour du plan d'évacuation". En arrivant, on découvre : des extincteurs non adaptés à certaines zones, des issues encombrées, des consignes contradictoires entre l'atelier et les bureaux.

Plutôt que de dérouler un exercice standard, nous avons proposé :

  • une revue terrain des risques d'incendie par zone ;
  • une micro‑formation sur les bases du feu, adaptée à l'industrie ;
  • un exercice d'évacuation scénarisé avec un feu fictif en zone de stockage.

Résultat : le dirigeant a décidé de former, dans l'année suivante, un noyau d'équipiers d'intervention supplémentaires et de planifier un second exercice, cette fois avec des fumigènes. Coût marginal, impact considérable sur la culture sécurité.

Comment bâtir un plan incendie 2026 réaliste et crédible

1. Partir du terrain, pas du tableur

Un plan incendie sérieux commence par un diagnostic : nature des activités, typologie des bâtiments (ERP, IGH, locaux mixtes), effectifs, présence de publics fragiles, évolution prévue des sites.

Ensuite seulement, on définit :

  1. le mix présentiel / e‑learning risque incendie / micro‑learning ;
  2. le dimensionnement des exercices d'évacuation et d'intervention ;
  3. les besoins en agents SSIAP (SSIAP 1, 2, 3 selon les sites) ;
  4. le suivi via le Passeport Prévention et des indicateurs internes.

2. Accepter une approche différenciée par site

Uniformiser totalement le dispositif est confortable administrativement, mais fragile opérationnellement. Un open space tertiaire parisien, un entrepôt logistique ou un EHPAD en région n'ont pas les mêmes enjeux, ni les mêmes marges de manœuvre.

Pour certains, un module en ligne "Incendie - les bases (tertiaire)" sera suffisant, complété par un exercice d'évacuation annuel. Pour d'autres, il faudra travailler l'ATEX, la gestion de l'évacuation sous contrainte de mobilité réduite ou le rôle des agents SSIAP.

3. Oser revoir la pédagogie : du catalogue au sur‑mesure raisonnable

Le véritable enjeu 2026 n'est pas de cocher toutes les cases légales, mais de rendre les formations à nouveau utiles et impactantes. C'est là que la combinaison présentiel / digital joue à plein : des bases en ligne, des rappels réguliers et des journées de pratique très concrètes, avec des extincteurs, des fumées et des jeux de rôles.

Pour sortir du "one shot" abstrait, on peut aussi s'appuyer sur des contenus complémentaires : micro‑learning sur les bases de l'évacuation, modules de sécurité générale sur la conduite à tenir en cas d'accident, ou encore sensibilisation à la sûreté en entreprise pour traiter les scénarios d'incendie malveillant.

Et maintenant ? Faire du risque incendie un sujet de direction, pas de sous‑comité

Le pire qui puisse arriver à une politique incendie, ce n'est pas le manque de moyens. C'est l'indifférence polie. Tant que le sujet reste cantonné à un coin du DUERP et à un exercice expédié, rien ne bouge vraiment.

Un plan 2026 crédible suppose que la direction générale pose trois questions simples : sommes‑nous réellement prêts ? Quels sites nous inquiètent le plus ? Et qui, en interne, porte ce sujet avec suffisamment de poids ? À partir de là, travailler avec un organisme spécialisé comme F.I.R.E. Formations pour bâtir un programme réaliste - présentiel, e‑learning et exercices d'évacuation - n'est plus un luxe, mais une façon sobre d'assumer ses responsabilités. Ce n'est jamais confortable, mais c'est infiniment plus solide que de découvrir, un soir de sinistre, que l'on se mentait un peu à soi‑même.

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